K Goldstein

Qui est K Goldstein ?

K Goldstein est un chorégraphe français basé à Paris. J’ai fait sa connaissance lors d’une campagne Kenzo il y a quelques années. C’est le genre de campagne avec trop de budget où on attend beaucoup. Donc on a eu du temps pour faire connaissance. On s’est très vite rendu compte qu’on avait beaucoup de points en commun : nos origines et nos parcours. En effet, on a tous les deux un père ashkénaze, une mère d’origine vietnamienne, on est nés la même année, on a fait une prépa littéraire, on est des rats de bibliothèque, et on est tous les deux passionnés de cinéma et de danse.

Après cette journée, on s’est suivis sur les réseaux sociaux. J’ai alors découvert un artiste indépendant qui m’a donnée envie de m’y intéresser de plus près. K  Goldstein est un artiste dévoué à l’art en général. Cela se ressent dans les différentes formes qu’il utilise pour s’exprimer : la chorégraphie, la danse, l’image, la vidéo, le son, les textes. C’est toute sa vie qui y a été dédiée.

Il a commencé la danse dès l’âge de six ans, danse contemporaine puis classique. Mais il grandit avec le projet de devenir critique de cinéma. C’est sûrement ses parents qui lui donnent le goût de cet art, car à la maison, ils sélectionnent pour leurs enfants les films qu’ils peuvent regarder, et les chaines nationales leur sont interdites. Cela n’aura pas que du bon car petit, il n’était pas évident d’être le seul à l’école à ne pas connaitre les séries dont tout le monde parle. Et cela ne l’empêchera pas de les regarder plus tard, et même d’appeler son chat « Donna Martin » (comme la méchante blonde dans Beverly Hills ! ).

Après une prépa littéraire option cinéma, il rentre à la fac en licence de lettres modernes et cinéma. Mais il est déçu par ce système. Il part alors faire un stage à l’Académie International de la Danse. Ce stage se passe tellement bien qu’il y reste deux ans. K Goldstein y vit le rêve de toute une génération, c’est-à-dire une vie à la « Fame » : des cours de danse la semaine, des auditions, des spectacles les week-ends, des tournées, les strass et les paillettes. Il décroche le RTL Disco Show et le RFM Party 80. Il se rappelle d’ailleurs sa première expérience sur une scène devant 6000 personnes sur la chanson Africa. C’était l’angoisse totale ! Il est resté figé devant le public pendant les dix premières secondes. K apprend beaucoup de cette expérience. Mais après deux ans de shows, il ressent le besoin de créer.

K Goldstein monte sa compagnie KeatBeck, dont le nom est inspiré par ses 2 mentors : Keaton et Beckett. Il est aidé par le Point Ephémère et par « Paris et Jeunes Talents ». Il décroche la bourse de la Fondation Royaumont, ainsi que celle de l’Adami. K est même l’un des chorégraphes de la Fabrique de la Danse, premier incubateur de chorégraphes. Il me donne l’impression de décrocher toutes les bourses, mais en fait non! C’est un combat de tous les jours, car il y en a beaucoup qu’il ne décroche pas. En tant qu’artiste indépendant, il est obligé de travailler énormément car c’est à lui de trouver des contrats, de susciter l’intérêt des clients, de proposer des projets et de récolter des fonds. Ces choses là ne viennent pas simplement en claquant des doigts. Il dit à ce sujet « C’est un peu Koh-Lanta tous les jours ». Ce style de vie compétitif peut générer beaucoup de stress. Pour la petite anecdote, il s’est littéralement rendu malade en préparant une audition pour une comédie musicale qu’il rêvait d’intégrer, et il n’a donc pas pu s’y présenter. Aujourd’hui, c’est dans la méditation qu’il apprend à s’apaiser et à gérer le stress, notamment grâce à l’école bouddhiste zen « Kwan Um ».

Au milieu de son Koh-Lanta quotidien, K Goldstein essaie de prendre des cours de danse plusieurs fois par semaine, et il cherche l’inspiration dans tout ce qu’il peut. Il regarde au moins un film par jour, et il lit énormément. Il est particulièrement friand des films « d’époque qui crépitent », les films d’horreur des grands maîtres tels que Carpenter, Hitchcock,  ou Argento. K adore aussi les films inclassables comme ceux de William Castle ou de Peter Watkins. Il a d’ailleurs écrit des articles sur ce genre de films pour le collectif SuperNova (sa 2ème passion n’est jamais très loin). Alors lorsqu’il s’est retrouvé à danser pour une pub télé Dior qui est ce genre de grosse production avec de caméras partout et toute une équipe technique, il était comme un gosse à qui on ouvre les portes de Disney !

Aussi K Goldtein n’hésite pas à mélanger danse et cinéma. Avec une partenaire plasticienne cinéaste, Véronique Hubert, ils ont un projet basé sur le cinéma. Pour lui, c’est très intéressant parce qu’ils n’ont pas le même langage, ni les mêmes approches de l’espace et du rythme. C’est encore une nouvelle occasion d’apprendre.

Invitée à un atelier organisé par la Fabrique de la Danse, j’ai pu voir le travail de K Golstein en pratique. Pour lui, l’atelier était un exercice nouveau car il s’adressait à des danseurs amateurs et non professionnels. Cela donnait un résultat différent de ce dont il a l’habitude, mais non moins intéressant. Pour moi, en tant que spectatrice, c’était un joli panorama de sa richesse artistique. Tout était intelligemment structuré : le choix de la musique, celui de chaque mot, ou encore les exercices proposés aux participants. Le but de cette structure était de « travailler l’imaginaire » et de « libérer l’imagination ». Même si d’un point de vue extérieur cela ressemblait à une thérapie de groupe, les participants réagissaient  à l’instinct. Donc les résultats étaient très différents d’un cours à l’autre. Pour K, le spectacle était en chacun d’eux selon leur vécu. Il leur disait pendant l’atelier « tu es l’auteur de ce voyage ». Et c’était très beau de l’entendre parler du corps comme d’un paysage ou de rappeler qu’il faut « toucher les talons pour les remercier de tout le poids porté pendant la journée ».

Voilà pourquoi je dis de K Goldstein que c’est une poésie en mouvement. Lorsqu’il danse, il se meut constamment dans l’espace. Il saute, il tourne, il se roule par terre, il déstructure ses gestes, il se jette dans l’espace. C’est un peu comme si son corps suivait la trajectoire d’une plume portée par le vent. C’est un plaisir pour les yeux et pour les oreilles. Je vous invite à suivre ses vidéos sur instagram ou youtube, où on peut le voir danser en fusion avec la nature qui l’entoure. Les réseaux sociaux sont pour lui un nouveau défi. Si ça ne tenait qu’à lui, il ferait des vidéos de danse de 10 à 15 minutes, mais le format d’Instagram le contraint à beaucoup moins. C’est un challenge qu’il prend plaisir à relever.

Puis il y a l’Irlande… C’est la terre d’origine de son mentor, Beckett, mais c’est aussi là où K a construit beaucoup de ses souvenirs d’enfance. Pour qu’il apprenne l’anglais, ses parents l’y avait envoyé faire un stage de danse. Il a eu un coup de cœur pour sa famille d’accueil, et depuis il y est retourné chaque année. Ce qu’il aime en Irlande, c’est la jovialité des Irlandais, leurs chansons, les grands espaces, la mer, la nature. Ce pays représente beaucoup de chose pour lui. Parmi ses rêves, il aimerait travailler avec la violoncelliste Marie Ythier, ou encore avec le compositeur italien Maurizio Azlan. Moi je retiens surtout celui de vivre dans un phare en Irlande, et le plaisir de passer un moment auprès du feu de cheminée. J’espère que K Goldstein fera de ce phare sa nouvelle scène de spectacle et qu’il en partagera le résultat sur les réseaux sociaux, pour le plaisir de nos yeux.

Pour suivre son travail :

http://www.keatbeck.fr/
https://www.facebook.com/ciekeatbeck/?fref=ts

https://www.youtube.com/channel/UCxiBvT0fVas75MsIBtUIkaw

http://www.instagram.com/keatbeck.dancescape

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